Guide des droits et des démarches administratives
Combien de temps peut-on agir en justice en cas d'infraction sexuelle sur mineur ?Question-réponse
Lorsqu’un mineur est victime d’une infraction sexuelle, la loi prévoit des délais spécifiques permettant d’agir en justice. Ces délais de prescription sont plus longs que ceux applicables aux autres infractions. Nous vous précisons les délais applicables, les démarches possibles, et les protections prévues par la loi.
Le délai de prescription correspond à la période pendant laquelle des poursuites pénales peuvent être engagées contre l’auteur des faits. Une fois ce délai écoulé, la justice ne peut plus agir, sauf exception (par exemple si d’autres agressions sexuelles sont commises par la même personne) ou si les faits n’ont pas été dénoncés.
Ce délai débute à partir de la majorité de la victime, c’est-à-dire à l’âge de 18 ans.
Lorsqu’une personne majeure a connaissance d’une agression sexuelle ou d’un viol commis sur un mineur et qu’elle ne le signale pas, elle peut être poursuivie pour non-dénonciation. Dans ce cas, le délai pour engager ces poursuites commence à la majorité de la victime et est de 10 ans si les faits sont une agression sexuelle et de 20 ans s’il s’agit d’un viol.
La durée du délai dépend de la gravité des faits. La loi prévoit les délais suivants à compter de la majorité de la victime :
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30 ans pour le viol et le proxénétisme sur mineur.
Par exemple, si la victime a subi un viol à 12 ans, elle pourra agir en justice jusqu’à ses 48 ans (18 ans + 30 ans).
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20 ans pour l’agression sexuelle et l'atteinte sexuelle aggravée (par exemple, si les faits sont commis par plusieurs personnes ou sous la menace d’une arme).
Par exemple, si la victime a subi une agression sexuelle à 14 ans avec usage d’une arme, elle peut porter plainte jusqu’à ses 38 ans (18 ans + 20 ans).
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10 ans pour la corruption de mineur, la proposition sexuelle à un mineur et le recours à la prostitution de mineur.
Par exemple, si la victime a reçu une proposition sexuelle inappropriée à 16 ans, elle pourra agir jusqu’à ses 28 ans (18 ans + 10 ans).
Attention
Ces délais s’appliquent aux infractions non prescrites au 6 août 2018.Pour les adolescents âgés de 15 à 17 ans au moment des faits, les mêmes règles de prescription s’appliquent. Le délai pour agir commence également à courir à partir de leur majorité. Par exemple, un adolescent victime d’un viol à 16 ans pourra porter plainte jusqu’à ses 46 ans (30 ans après ses 18 ans).
La prescription peut être repoussée si d’autres faits similaires sont commis après l’infraction initiale. Ce mécanisme est appelé prescription glissante. Il permet de faire repartir le délai de prescription à compter de la dernière infraction commise, même si les faits initiaux sont anciens.
Exemple
Si une personne a commis une agression sexuelle sur un mineur en 2000, puis une autre en 2023, le délai pour porter plainte recommence à partir de 2023, date de la dernière agression.La victime, ou son représentant légal si elle est mineure, peut :
Se rendre dans un commissariat ou une brigade de gendarmerie pour déposer plainte ou envoyer une plainte par courrier au procureur de la République
Se faire accompagner par un avocat ou une association d’aide aux victimes.
Il faut agir avant la fin du délai de prescription pour que des poursuites puissent être engagées.
Attention
En cas de classement sans suite, le procureur de la République doit vous informer en indiquant les raisons de sa décision.Les infractions commises à l’étranger peuvent être poursuivies en France si la personne mise en cause est de nationalité française ou réside habituellement en France.
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Services en ligne et formulaires
Où s'adresser ?
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116 006 - Numéro d'aide aux victimes
Ce service permet aux victimes d'infractions (hors atteintes aux biens sur internet) d'être écoutées et orientées vers une association d’aide aux victimes ou un service spécialisé. Il est accessible aux personnes sourdes et malentendantes.
116 006
Appel gratuit
Service joignable tous les jours de l'année, de 9h à 20h.
+ 33 (0)1 80 52 33 76
Appel gratuit
Service joignable tous les jours de l'année, de 9h à 20h (heure de Paris).
Par mail : victimes@116006.fr
- Bureau d'aide aux victimes
- Avocat
Pour en savoir plus
- Guides pratiques sur la protection de l'enfanceMinistère chargé de la santé
- Justice pénale des mineursMinistère chargé de la justice
- Parcours victimes (violences physiques, sexuelles ou psychologiques)Ministère chargé de la justice
Références
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Code pénal : article 8
Délais de prescription de l'action publique -
Code de procédure pénale : article 7
Allongement des délais de prescription -
Code pénal : article 227-25
Peine encourue en cas d'atteinte sexuelle sur mineur -
Code pénal : article 227-26
Peine encourue en cas d'atteinte sexuelle sur mineur avec circonstances aggravantes -
Code pénal : articles 222-22 à 222-22-2
Définition pénale du viol et de l'agression sexuelle -
Code pénal : articles 222-23 à 222-26-2
Peines encourues en cas de viol -
Code pénal : articles 222-27 à 222-31
Peines encourues pour les autres cas d'agression sexuelle -
Code pénal : article 227-22-1
Peines encourues pour propositions sexuelles par internet à un mineur -
Code pénal : article 227-22
Peines encourues pour corruption de mineur -
Code pénal : articles 434-1 à 434-7
Peines encourues en cas de non-dénonciation de crime ou de délit - Loi n°2021-478 du 21 avril 2021 visant à protéger les mineurs des crimes et délits sexuels et de l'inceste


















